Les écrivains
L’Ogooué Ivindo est une province à un très fort potentiel artistique et artisanal. Nous parlons de potentiel parce que s’il est vrai que de par certains objets d’art, objet du quotidien, pratiques et techniques transmis par tradition orale, aujourd’hui du point de vue artisanal surtout la création semble connaître une certaine stagnation. Ce phénomène est probablement dû au manque de politiques publics de soutien aux secteurs et à une désorganisation des artisans qui pour la plupart ne sont organisés ni en syndicats ni en coopératives. Le corollaire est que l’adage de HAMADOU AMPATE BA, trouve tout son sens ici, « en Afrique quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Bien des artisans ont quitté ce monde sans avoir transmis leurs connaissances. Ce fut le cas de METOUMBE, le dernier forgeron de la région, ANANGAPEYI, fameux herboriste et guérisseur, ZOUAKAZOUKA, ou encore KAHOUTCHE, un autre guérisseur initié au NGOYI, et il y en a plein d’autres chacun excellent et excellant dans son art. Le point positif est qu’au moins au niveau des rites initiatiques comme celui de la circoncision traditionnelle, la transmission semble plus ou moins assurée.
Le potentiel artistique et artisanal de la province est également dû à sa diversité ethnique qui insuffle un dynamisme certain à la création artistique tant au niveau traditionnel que contemporain. Nous en voulons pour preuve la diversité au niveau des jeunes talents. De jeunes artistes comme J-Rio et DJ Pression conquièrent les dancefloors gabonais avec leurs tubes, suivant la voie tracée par des aînés comme Alexandre Sambat, Pierre Emboni, Sheila, Mablov, Chimène, Dépasco et Prince Hessey. D’autres moins connus mais en devenir, comme Olive qui danse la Djakata et chante Nléma, suivent le chemin tracé par le sentimental Emane, grand promoteur de l’Afro-zouk dans la province.
Dans la pure tradition du folklore, des groupes comme Bwété bwa Ngoyi ou encore Les accords de la Djoua, ont énormément fait parler d’eux dans la province, mais aussi bien au-delà.
Robet ZOTOUMBAT, auteur du livre, Histoire d’un enfant trouvé, paru à Yaoundé (Cameroun), en 1971 aux éditions Clé, il est considéré comme le premier écrivain gabonais. Né en 1944 à MEKAMBO, Monsieur ZOTOUMBAT a été enseignant dans les écoles protestantes du pays. Le livre Histoire d’un enfant trouvé a été réédité en 2013 dans sa version actuelle, il a d’ailleurs été traduit en Néerlandais en 1980, c’est voir toute la portée artistique de cette œuvre et de son auteur.
Décédé le 29 avril 2017, il a été inhumé dans sa ville natale de MEKAMBO au quartier corniche. ZOTOUMBAT aura inspiré plusieurs générations d’écrivains gabonais en ayant été le précurseur de cette forme d’expression culturelle au Gabon. Un hommage lui avait été rendu en avril 2019, à l’accession de la parution d’un ouvrage collectif intitulé Terre d’espérance, hommage à Robert Zotoumbat. Les auteurs, essentiellement des personnalités politiques à la tête desquels, le Premier Ministre de l’époque Emmanuel Issozet Ngondet a voulu saluer et réhabiliter la mémoire d’un grand homme, comme une sorte de reconnaissance, à titre posthume, mais reconnaissance quand même.
Les illustrations présentent de gauche à droite l’auteur et son œuvre, originale et traduite. Les dimensions des couvertures de l’œuvre originale et de sa version traduite en Néerlandais ont été quelque peu réduites pour se conformer aux dimensions du site.
La relève
La littérature dans l’Ogooué-Ivindo à n’en point douter connu ses heures de gloire avec Robert ZOTOUMBAT. Cependant, il y a un vivier d’auteurs aux profils assez éclectiques qui tentent de suivre les pas du maître. Ils tentent juste parce qu’aujourd’hui, chez nous, plus qu’ailleurs la passion de la lecture connaît un fort déclin. Ainsi, les auteurs sont des fonctionnaires, des enseignants, des hommes politiques, tous mus par la passion des lettres et par cette envie de raconter, de divertir et d’interpeller. En dehors de ces conteurs, la province compte aussi des chercheurs qui ont publié dans le domaine des sciences sociales. Puisque les œuvres nous intéressent plus que les hommes, voici la liste des parutions des auteurs originaires de la province.
Nous tenons encore à rappeler que ce site se veut une vitrine de l’activité culturelle de la province. Nous excluons tout esprit partisan, c’est pourquoi, si nous avons oublié certains auteurs originaires de la région, qu’ils prennent contact avec nos équipes, ou, s’ils ne sont plus de ce monde, que leurs proches nous fassent parvenir des images de leurs créations.


















