Makokou Capitale Provinciale

Makokou, capitale administrative et chef-lieu de la province fut fondée en 1912 pour des raisons stratégiques. La ville devait en effet servir de poste militaire avancé. D’après certains, le nom Makokou signifierait les pierres en langue Kota, une des principales ethnies parlées dans la province.
En termes de sémantique des noms, cela reste aussi à vérifier, mais le nom du fleuve Ivindo, viendrait peut-être du mot Kota Ihindo, la crasse. Ce nom aurait été donné au fleuve à cause de la couleur très noire de ses eaux. En effet quand vous marchez sur le pont qui enjambe l’Ivindo, les eaux sont tellement sombres qu’elles semblent vouloir vous happer quand vous y plongez votre regard. Des légendes effrayantes dissuadent les enfants d’approcher ce fleuve dangereux qui a déjà emporté des imprudents, comme des ivrognes nocturnes et des enfants inexpérimentés cédant à la pression sociale. L’Ivindo est donc une belle dame qu’il faut regarder de loin, si on ne sait pas les codes pour l’apprivoiser. Il vaut mieux rester dans la pirogue !
Makokou n’a pas vraiment connu de développement fulgurant. Elle attend toujours le début de l’exploitation du gisement de fer de Bélinga pour amorcer enfin son développement. La ville est dotée d’un aéroport, mais elle est surtout accessible par voie terrestre, depuis Ovan, en venant de Libreville et Okondja en provenance de Franceville.
Makokou n’est devenue la capitale provinciale qu’en 1958, statut qui était détenu jusque-là par la ville de Bouée. Makokou est une petite ville, nichée au bord du fleuve Ivindo qui la fournit en poissons d’eau douce. Elle est aussi entourée d’une forêt luxuriante qui regorge de gibiers en tout genre dont les habitants sont particulièrement friands. C’est une ville où il fait bon vivre, mais du fait de sa situation géographique, les températures chutent brusquement la nuit. Il faut donc prévoir une couverture pour se maintenir au chaud et surtout une moustiquaire pour se protéger des moustiques et autres insectes nuisibles très nombreux sur les bords de l’Ivindo.

À Makokou, vous pouvez comme les enfants de Zoatab, vous baigner dans l’Ivindo au débarcadère, ou si vous êtes excellent nageurs, défier les jeunes gens qui traversent le fleuve à la nage le long du pont. Sinon, vous pourrez toujours vous contenter d’un tour en pirogue ou en hors-bord pour remonter le fleuve vers Minkébé ou plutôt aller visiter les magnifiques chutes de Kongou.

Si par contre, vous aimez les ambiances, vous pourrez aller visiter les quartiers chauds de Makokou, comme Mbolo Bas-fondsZoatabBordeaux, le quartier central, ou Alarmintang qui s’animent dès dix heures et restent ouverts toute la nuit, accueillant les noctambules jusqu’aux premières lueurs de l’aube.
Ou bien, vous pourrez aller voir les rares avions qui atterrissent encore à l’aéroport d’Epassendje. C’est toujours un spectacle réjouissant de voir ces grands oiseaux de fer raser les cimes des arbres de l’autre bout de la piste et venir s’immobiliser dans le bruit assourdissant des vrombissements de leurs moteurs. Enfant, j’appréciais particulièrement cet instant quand le Foker d’Air Gabon atterrissait à Makokou. C’était une autre époque.