Ogooué Ivindo, province créative

La gastronomie de l’Ogooué-Ivindo valorise les produits locaux à travers des plats typiques comme le Soukoutè, le Mbouza et le Mezana, complétés par des préparations à base de poisson fumé et d’influences gabonaises traditionnelles.

Voyage à travers la gastronomie du G6

La cuisine dans le G6 est aussi variée que l’origine des populations qui composent la province. Il existe cependant des mets qui sont incontournables et indissociables de l’Ogooué-Ivindo. Il s’agit entre autres du Fameux N’Soukoutè ou Soukoutè chez les Kotas et Ekowa chez les Mahongwè. Plat emblématique des tribus Kotas et apparentées, le Soukoutè est un plat de feuilles de manioc écrasées et du poisson frais pimenté et assaisonné de camphre, en paquet, c’est-à-dire à l’étouffée, emballée dans des feuilles sauvages. La cuisson est terminée sur des braises d’un feu de bois ou au four si l’on n’a pas la possibilité de le faire.

Le Soukouté

Paquet de feuilles de manioc pilées, de poisson frais, d’arachide crue écrasée, de l’épice appelée « Elondje » qui permet de ramollir la feuille et conserver sa verdure.

  • Ingrédient principal : Il est préparé à base de feuilles de manioc fraîches.
  • Accompagnements : Les feuilles sont généralement pilées et mélangées à du poisson (fumé ou frais) et de la pâte d’arachide.
  • Mode de cuisson : La tradition privilégie une cuisson lente au feu de bois, souvent réalisée dans des papillotes de feuilles ou directement en marmite pendant environ une heure et demie.
  • Signification culturelle : Bien plus qu’un simple repas, il est considéré comme une véritable célébration culinaire de l’identité Kota.

Ekoa

Les feuilles de manioc au bicarbonate de soude.

  • Le lavage et le pilage : Les jeunes feuilles de manioc sont lavées, puis pilées dans un mortier (ou mixées) jusqu’à l’obtention d’une pâte fine.
  • La pré-cuisson : On met les feuilles dans une marmite avec une petite quantité d’eau et une pincée de bicarbonate de soude. On laisse bouillir jusqu’à ce que l’eau s’évapore et que les feuilles soient tendres.
  • L’assaisonnement : Selon les variantes, on ajoute de la pâte d’arachide, du jus de noix de palme, du poisson fumé ou de la viande

L’élaboration du vin de maïs

Cette boisson devrait en fait être appelée vin de maïs et de manioc puisque pendant une des étapes de la préparation, le maïs fermente dans un mélange d’eau et de manioc. Nous ne décrirons pas ici les étapes de l’élaboration de cette liqueur pour des raisons de confidentialité. C’est vous le comprenez bien, un patrimoine que les populations de l’Ogooué-Ivindo tiennent à préserver jalousement, et nous les comprenons. Tout ce que nous pouvons vous dire c’est que les distilleries (image suivante) sont souvent à l’écart des habitations et que c’est un art qui n’est exclusivement réservé qu’aux femmes.

Ce sont elles qui produisent cette boisson et se transmettent le savoir-faire de mères en filles depuis la nuit des temps. Aucun manuel écrit, aucune recette, aucun dosage n’est conseillé. L’élaboration de cette liqueur se fait au jugé. On dit d’ailleurs que « chaque femme a sa main » et il y en a qui ont la main très lourde car à chaque fois qu’elle produisent, les consommateurs n’arrivent pas à prendre plus de deux verres, alors que la production d’une autre se boirait de litres en litres, sans sembler affecter les consommateurs.

Les fruits

Les vergers offrent une variété de fruits comme la papaye, mangue, agrumes, noix de coco, bananes, ananas, corossol, goyave, avocat, atangas, cacao, café et fruits forestiers identifiés par les singes, ces derniers n’étant nommés qu’en langues locales.