Les artisans et leur art...
L’Ogooué Ivindo est une province à un très fort potentiel artistique et artisanal. Nous parlons de potentiel parce que s’il est vrai que de par certains objets d’art, objet du quotidien, pratiques et techniques transmis par tradition orale.
De la liane au panier
Le travail du filage de la liane pour obtenir le produit de base à la création de paniers et de hottes en osier se transmet dans la province de générations en générations. Sur les photographies, de gauche à droite, Le maître est entrain de tailler les lianes pour fournir aux tresseurs, comme sur la photo du centre, la matière première pour élaborer un panier comme celui qu’elle tresse ou une hotte comme sur la photo de gauche. Ces hottes sont généralement utilisées par les femmes pour transporter des victuailles et du bois de chauffe en rentrant des champs.
Le Kaolin rouge
Le Kaolin rouge est très utilisé au Gabon dans plusieurs cérémonies traditionnelles. C’est un élément essentiel à la connexion mystique avec les esprits. Son élaboration suit un procédé complexe dont l’une des étapes consiste à écraser des blocs de kaolin pour obtenir une poudre. Pour cela, les femmes disposent d’une sorte de presse traditionnelle que nous vous présentons.
Les maisons en terre battue
Les maisons en terre battue sont le modèle architectural utilisé dans tous les villages bantous du Gabon. Elles consistent en une ossature en poteaux en bois, reliés par des lianes tressées. Le produit utilisé pour faire les murs est de la terre battue. La construction d’une maison est une œuvre communautaire. Tous les habitants du village participent souvent à la construction d’une maison.
L’ingéniosité des enfants
Dans les villages, les enfants n’ont pas de jouets manufacturés. C’est pourquoi, ils se les fabriquent eux-mêmes. Les voitures sont en cœur de bambous. Ils s’inspirent des véhicules qui traversent le village. Ainsi, on peut voir les enfants des villages reproduire des cars de transport, des poids lourds et des véhicules tous terrains toujours en cœur de bambou ou en boîte de conserve, avec des roues en semelles de babouches ou en tubercules de taro. Ils fabriquent aussi de petites arbalètes, des arcs, et des fusils en utilisant tous les matériaux que leur fournit leur environnement.
La pharmacopée et les médécines tradiditionnelles
Pour ce qui est de la pharmacopée, nous dirons juste que comme chez bien des peuples de par le monde, chez les Bantous, la médecine traditionnelle a été longtemps la première et la seule à laquelle avaient recours les populations. Dans la province, il est de notoriété publique que les détenteurs de cette science sont les Pygmées. Leur notoriété est telle que de tous les recoins de la province, les gens se rendent dans les villages où vivent les populations pygmées pour se soigner. Les guérisseurs pygmées soignent aussi bien le corps que l’esprit. Les pathologies traitées sont diverses. Ils traitent des problèmes liés à l’infertilité masculine ou féminine, à l’incapacité d’enfanter, à des difficultés de mener une grossesse à terme, à des problèmes d’impuissance sexuelle masculine et de frigidité, et les problèmes liés aux accouchements difficiles.
Bien que les détenteurs des connaissances liées à la médecine traditionnelle soient issus du peuple pygmée, il n’empêche que quelques grands tradipraticiens de la province sont issus de certaines populations bantoues. La médecine traditionnelle règle aussi les affections traumatologiques (fractures, torsions…). À ce propos, il y a cette histoire selon laquelle, lorsqu’un patient arrive chez un guérisseur avec une fracture, on casse une patte à une poule, on applique le même traitement qui consiste en un pansement à base de plantes aussi bien au patient qu’à l’oiseau. Au bout de quelques semaines, le volatile commence à marcher normalement, c’est le signe qu’il faut ôter le pansement au patient. Selon toujours les mêmes sources, le membre traumatisé est remis à neuf et la fracture complètement résorbée. La matière première du médecin traditionnel est la plante, et sa pharmacie la forêt.
La médecine traditionnelle est aussi celle des remèdes de grands-mères, en effet, tous les enfants qui ont grandi au village comme on dit chez nous, ont pour leur grande majorité, bénéficié de certains soins dispensés par leurs mères ou grands-mères. Nous avons déjà évoqué les soins aux nouveau-nés en utilisant entre autres de l’huile d’amandes de noix de palme. Il existe également des soins dispensés par le moyen de purges, utilisant des mélanges de plantes, racines, feuilles et fruits de la forêt. Des bains de sièges sont également administrés aux femmes enceintes avant pour faciliter les accouchements et après que celui-ci s’est produit pour aider la nouvelle maman à cicatriser. En plus de ces traitements curatifs, des « préparations » préventives sont administrées aux adultes et aux enfants comme le célèbre Tchèkè ou Tchèkouè. C’est un traitement fait à base de piment sauvage, d’huiles traditionnelles et de plantes. Administré par voie anale ou dans les parties génitales, il permet de prévenir de petites affections enfantines, et des fatigues et baisses de formes chez les adultes.
Sur le plan spirituel et mystique, les Nganga, noms attribués aux guérisseurs traditionnels, traitent aussi bien les problèmes d’envoûtement, de possession, et autres formes d’attaques mystiques que de fusils nocturnes (attaques à distance ou par empoisonnement). Les fusils nocturnes sont une forme d’attaques mystiques bien connue au Gabon. N’étant pas nous-mêmes coutumiers du fait, nous ne pourrons seulement dire que c’est une pratique de nuisance mystique utilisée par des sorciers pour nuire à autrui.















