Les ethnies de la province de l'Ogoouée Ivindo
Les ethnies de la province n’y sont pas endémiques. Les fangs qu’on retrouve en majorité à Ovan et à Makokou, sont également présents et surtout dans le Woleu-Ntem, dans la province de l’Estuaire, dans le Moyen-Ogoouée, et également dans l’Ogoouée-Maritime où se trouve Port-Gentil, la capitale économique. Les Kotas quant à eux, sont présents en dehors de l’Ogoouée Ivindo, dans l’Ogoouée Lolo et dans le HAut-Ogoouée, dans la zone d’Okondja.
La répartition territoriale des groupes ethniques dans la province semble assez hétérogène. On trouve, en effet des Kotas à peu près partout sur le territoire de la province excepté dans la région d’Ovan dont ils ne semblent pas être autochtones d’autres ethnies, par contre, comme les fangs, ne semblent en majorité, être présentes que dans des zones bien précises, ici Ovan et Makokou, Boouée pour les Makina, et Makokou pour les Kwélé.
Les ethnies de la province de l'Ogooué-Ivindo
| N° | Localisations Géographiques | Ethnies |
|---|---|---|
| 1 | Boouée | Makina, Mahonggwè, Kota, Fang |
| 2 | Ovan | Fang |
| 3 | Makokou | Mahonggwè, Kota, Fang, Kwélé, Saké |
| 4 | Mékambo | Mahonggwè, Kota, Saké, Mézambé, Nkolas |
Point sur l'ethnie Kota
Source : Hubert Deschamps (1962) in Traditions orales du Gabon
Les Bakotas sont le peuple le plus important du nord-est. Ils sont situés sur plusieurs routes : Makokou-Mékambo, sud-est (Bouéni), nord (vers Mazingo), sud de Mitzic (Lalara), et à Booué. Mais ils sont aussi présents dans l’Ogooué-Lolo et le Haut-Ogooué. À Lastoursville, dans le nord de la province de l’Ogooué-Lolo, à Okondja où ils cohabitent avec les Obamba.
Souvent, il n’est pas rare de confondre sous le nom de Bakota tous les peuples du même groupe linguistique : Shaké, Shamaï, Ndasa, Danbomo, Bawoumbou. Mieux encore, dans les régions de Zanaga et de Mossendjo (République congolaise) on désigne sous le nom de Bakota non seulement tous les peuples de ce groupe, mais en outre ceux du groupe Mbamba-Ndoumou. Ce qui n’est pas vrai au Gabon.
Les ancêtres des Kotas occupaient le haut Ivindo, dans la région des rivières Singoué et Nona. Les Bakouélé (ou Bakwélé) les firent partir de là. Ce fut la « Guerre de Poupou ». Descendant les rivières, ils arrivèrent à l’Ivindo et y trouvèrent les Bichiwa, avec qui ils firent amitié. Ils continuèrent à fuir le long de l’Ivindo, les Bichiwa devant, les Bakotas derrière, toujours poursuivis par les Bakouélé, eux-mêmes poussés par les Fang. En route les Bakotas se dispersèrent. Les uns (Benga) s’en allèrent vers l’ouest, jusqu’à la mer. D’autres (Kota-Kola) descendirent jusqu’à l’Ogooué. La plupart passèrent l’Ivindo en radeaux. En sûreté sur la rive gauche, ils fondèrent les villages de Seki (Mvadhi) et Botolouboumagna (la vieillesse de la pierre). Poupou était mort, mais un autre guerrier, Mékomba, son égal en férocité, reprit la guerre. Les Bakotas se dispersèrent à nouveau. Ils occupèrent ainsi les affluents de gauche de l’Ivindo : Zadié, Liboumba, Mouniangui, la vallée de la Dilo et le pays d’Assawé (au nord de Lastourville). D’autres continuèrent à descendre le long de l’Ivindo, toujours poursuivis par les Bakouélé. Arrivés à la chute de Kongwé, ils se retournèrent et engagèrent la lutte. Mékambo fut tué ; beaucoup de Bakouélé furent pris et devinrent Bakota.
Alors les peuples se réconcilièrent, la paix a régné jusqu’à l’arrivée des Fang, il y eut un nouveau reflux des Bakotas de Booué vers la Zadié. D’autres sont restés isolés au milieu des Fang (région de Lalara). Les Bakotas de Booué ont eu des démêlés avec les Shaké et les Bichiwa ; ils émigrèrent en partie vers Mékambo. Le long de l’Ivindo, ils n’ont pas trouvé de Pygmées (Bakola), mais ils les ont rencontrés près de la Zadié, au sommet de la montagne Mbamba, d’où ils sont partis pour la région de Mékambo.
Nom et parentés : Bakota, pluriel ; Ikota, singulier. – Kota : rassemblement.
Parents : Mahongoué, Shaké, Shamaï, Danbomo, N’dasa, Bawoumbou. Plus lointains, les Benga.
